La question de la santé occupe une place centrale dans le débat public, avec celles de la sécurité, de la mobilité et du climat. C’est en 2020 au plus tard que nous avons véritablement pris conscience de la dimension mondiale des questions sanitaires – en conséquence de l’évolution de nos conditions de vie, le philosophe Paul B. Preciado observe un besoin profond de nouvelles formes esthétiques de désir. Or l’intérêt de l’art pour la condition physique est en principe aussi ancien que l’art en soi; le corps sensible y est à la fois outil de travail et objet d’observation. L’art et la médecine sont deux disciplines très complexes qui enrichissent nos vies, mais qui nécessitent en même temps d’être abondamment interprétées. Elles se caractérisent par leur immédiateté physique et toutes deux génèrent de l’empathie, mais elles peuvent aussi créer une grande distance entre les personnes impliquées. L’objectif de cette exposition n’est pas de pré-senter l’art comme une illustration de la médecine, mais de les faire dialoguer pour mieux comprendre ces deux systèmes constitutifs de notre société. Dans son interprétation à la fois sensible et intuitive, l’art peut fortement contribuer à rendre intelligibles des systèmes intriqués les uns dans les autres comme le corps, la maladie et la guérison, la médecine et les facteurs environnementaux. L’exposition retrace certains moments clés de l’histoire de la médecine, du 19e siècle à nos jours, à travers des prêts de collections d’histoire de la médecine et environ 80 propositions artistiques, notamment de Sabian Baumann, Rachal Bradley, Georges Chicotot, Honoré Daumier, Adolf Fleischmann, Damien Hirst, Ferdinand Hodler, Martin Kippenberger, Paul Klee, Herlinde Koelbl, Manon, Wangechi Mutu, Maria Pomiansky, Marc Quinn, RELAX (chiarenza & hauser & co), Ana Roldán, Talaya Schmid, Kiki Smith, Veronika Spierenburg, Jules Spinatsch, Annie Sprinkle, Luc Tuymans ou Varlin.

Ill: Manon, Autoportrait en or, 2012, Courtesy the artist, © 2021, ProLitteris, Zurich